As generaciones

Solo disponible en BuenasTareas
  • Páginas : 3 (503 palabras )
  • Descarga(s) : 0
  • Publicado : 20 de junio de 2011
Leer documento completo
Vista previa del texto
« Ma parole, vous le faites exprès ! »

Etant catalogué « intelligent mais irrégulier », je voyais mes défaillances orthographiques mises au compte de cette « nonchalance », de cette « fantaisie »que mes professeurs dénonçaient à longueur de bulletins et qui, en langage domestique, s'appelait « paresse ». Je faisais des fautes d'orthographe parce que j'étais fainéant. Pour tout dire, « jem'en fichais ». Et pourtant... Dieu, que j'aurais voulu trouver dans mon stylo la sûreté graphique de ma mère ou de mes professeurs ! (...) A chaque réprimande, je me promettais, le temps d'unerésolution, de ne plus jamais fauter d'un redoublement de consonne ou d'un accord de participe. Peine perdue. Je rechutais à la composition suivante. Mes graphocrates de maîtres me prêtèrent même un espritd'insubordination : « Ma parole, vous le faites exprès ! » Ils ne pouvaient concevoir qu'un élève, à l'évidence doué pour les études, soit un cancre dans cette seule discipline. (...)
J'avaiscommencé mes études dans l'enseignement privé, et ma famille, assez désargentée, souhaita me les faire poursuivre dans l'enseignement public. Je fus donc soumis à un examen probatoire afin de valider monentrée en troisième. Le résultat fut catastrophique. Le lycée ne pouvait m'admettre qu'en me faisant redoubler ma quatrième et, qui moins est, dans la filière « technique », celle deslaissés-pour-compte. Mes parents refusèrent et s'imposèrent les sacrifices indispensables pour que je puisse poursuivre ma scolarité sans redoublement. Je n'ai rejoint le lycée public qu'en classe de philo, après lapremière partie du baccalauréat.
Que s'était-il passé ? (...) J'avais été sacqué en raison d'une orthographe défectueuse. Quel aurait été mon avenir si j'avais dû me soumettre à ce verdict ? Cet échecm'aurait vraisemblablement fait perdre pied. Nul parmi les nuls, je n'aurais décroché au mieux qu'un bac de miséricorde (à l'époque, le baccalauréat n'était pas encore un certificat d'études...
tracking img