Bidonvilles et architectes

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ECOLE D’ARCHITECTURE DE STRASBOURG

Année universitaire 2002/2003

Yann Barnet

Bidonvilles
et architectes

Mémoire préparé sous la direction de P.G. Gerosa
Deuxième lecteur : L. Merlini

En vue de l’obtention du diplôme
d’étude de deuxième cycle

Septembre 2003

« Il y a assez de ressources dans le monde
pour les besoins de chacun,
Mais pas assez pour la convoitise de tous »GANDHI

Bidonvilles et architectes

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Fig. 1  Des bidonvilles et des hommes

Table des matières :

Introduction 7

Un constat accablant 9

♣ L’histoire des bidonvilles 9

♣ Des chiffres qui parlent d’eux même 15

♣ Une grande diversité dans les bidonvilles 17

♣ Conclusion 20

Bidonvilles ou villes bidons ? 21

♣ Ce qui le détache de la ville 22

♣Ce qui en fait une ville 30

♣ Le bidonville comme espace de transition 34

♣ Synthèse : le bidonville, une forme d’urbanité à exploiter 36

Le rôle de l’architecte dans les interventions sur l’habitat précaire 39

♣ Les grandes stratégies mises en place pour la résorption de l’habitat précaire 39

♣ Les interventions des architectes 47

♣ Un rôle possible pour l’architected'aujourd'hui 52

Conclusion 59

Bibliographie et références 60

Introduction 

Bidonvilles, phénomène mal connu du grand public.
Dans les pays du nord, c’est une image dans un livre d’histoire, un documentaire vu à la télévision. Mais c’est loin, tellement loin que l’émotion suscitée par tant de misère retombe à l’instant où l’écran s’éteint.

Et pourtant les bidonvilles sontpartout sur la planète. Y vivent ou plutôt y survivent des millions de gens. De part le monde on les appelle bidonvilles, katchi abadi, bustee, kampong, gecekondu, favella, barriadas, campamentos, ranchos, colonias proletarias, villas miserias ou ciudades perdidas… Toutes ces expressions insistent sur le provisoire, le misérable, la perdition. La version anglaise, « slum » est particulièrementéloquente puisque l’expression “to slum it” signifie “manger de la vache enragée”.

Avec la forte croissance démographique dans les pays en voie de développement, le problème du logement ne cesse d’augmenter. Bientôt, près de 30% des citadins du monde vivront dans des bidonvilles. Pourtant l’effort architectural consacré à cette population reste quasiment inexistant. Alors que des centainesd’agences viennent confronter leurs idées autour d’un concours international qui a pour but de construire un siège social d’une multinationale quelconque, un ou deux architectes "mal rasés" se battent dans la boue pour améliorer le quotidien de milliers de personnes dans un bidonville au Pérou. Sans vouloir tomber dans la caricature, on peut néanmoins s’interroger sur la proportion du travail et desmoyens mis à disposition de ces populations.

A l’aube du 21ème siècle, est ce que l’architecte doit continuer de se contenter de construire pour être publié dans une revue ou bien doit-il désormais s’impliquer dans le problème majeur que constitue la bidonvilisation ?
Comment l’architecte peut-il se positionner pour résoudre les carences à la fois urbaines et domestiques  liées auxbidonvilles ?

Pour se positionner par rapport à ces interrogations, nous ferons en premier lieu, un rapide constat de la situation mondiale des bidonvilles. Puis nous tenterons de comparer le bidonville à la ville afin de déterminer précisément les carences urbaines dont il souffre. Enfin nous verrons comment l’architecte peut trouver sa place dans un processus d’amélioration des conditions devie dans les bidonvilles.
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Fig. 2 Maroc, 1978: bidons d'essence déployés pour faire les murs

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Fig. 3 Maroc, 1978

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Fig. 4 Maroc, Rabat, 1987

Un constat accablant

L’histoire des bidonvilles

Les premiers bidonvilles

Le terme « bidonville » est vraisemblablement apparu au Maroc à Casablanca au cours de la crise mondiale des année 30 afin...
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