Graffiti en argentina

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Quelques traits de la culture populaire argentine dans les graffitis lors de la crise de 2001

Diego JARAK
Université de la Rochelle
CRHIA – EA 1163

Ce travail se propose d’analyser la fonction des graffitis dans la construction et la préservation de la mémoire populaire en Argentine. Sous le concept de « mémoire populaire » nous comprenons toutes les représentationshistoriques et sociales qui échappent aux récits officiels, qui se construisent sans plan ni idéologie élaborée, qui ne possèdent pas forcement une organisation, qui n’ont pas la prétention d’être des récits globaux sur ou à propos de la nation mais qui rappellent le souvenir d’un événement mémorable. En effet, la pratique qui consiste à écrire ou dessiner un message sur un mur dans la voie publiqueexiste depuis longtemps et un peu partout dans le monde. Lorsque l’on regarde de plus près le phénomène des graffitis on constate qu’ils sont souvent associés à des formes marginales de la culture. On leur reproche l’utilisation des espaces publics (lieux d’aisances, murs, portes, monuments, etc.) ainsi que l’absence de règles (textes avec des fautes grammaticales, lexicales, dessins exécutésgrossièrement, etc.). Ainsi le graffiti peut être conçu comme le résultat de la rencontre problématique entre deux aspects de la culture. C’est en ce sens qu’on parle d’une culture du « centre » pour l’opposer à une culture de la « périphérie », une culture « savante » opposée à une culture « populaire » ou bien encore d’une culture d’en « bas » opposée à une culture d’en « haut ». Selon les périodes etles créateurs des graffitis, cette rencontre culturelle peut être plus ou moins traumatique, mais elle est toujours cause du conflit. On parle ainsi de choc, télescopage, confrontation ou encore d’un processus d’acculturation.

Dans Buenos Aires, una historia de cuatro siglos, José Luis Romero, qui analyse ce phénomène, explique que : « Les cultures marginales ont fait front face à laculture du Centre et ont accepté les voies de contact qui ont commencé à s'établir à une certaine époque: de multiples liens se sont imbriqués esquissant ainsi un tissage subtil entre les deux cultures qui ont finies par créer une trame commune dans le Buenos Aires de 1930 »[1]. Pour l’historien il s’agit d’un évènement unique, qu’il interprète en termes de confrontation, et qui a pour résultat lamixité culturelle dont témoignent aujourd’hui le tango, ou le lunfardo par exemple.

Or, à la différence des autres formes d’expressions artistiques, le graffiti n’est pas une expression proprement argentine. En effet, nous partons de l’idée que la rencontre entre deux formes de la culture n’est pas un évènement isolé mais un élément inhérent à la culture argentine. Un processus constitutif de sasingularité, dont on peut trouver des exemples tout au long de son histoire. Sans contester les affirmations de Romero ce travail se propose d’examiner le phénomène du graffiti sous l’angle de son évolution.

Le précurseur dans ce processus de rencontre culturelle que nous définissons ici à partir de la notion d’appropriation est la littérature gauchesca. Ce sont les écrivains de la ville etdes Lettres qui, en premier, ont choisi des modes de parler, des sujets, et d’autres formes d’expression du monde rural pour composer ce qui allait devenir l’empreinte de la production littéraire nationale.

Un autre antécédent est celui du tango, né à Buenos Aires du mélange des immigrants et des criollos. Une culture que les hommes de frac regardaient avec mépris et désapprobation. Lesexpressions artistiques issues de ces groupes marginaux, tel le tango, ont été exclues. En 1916 Leopoldo Lugones, un écrivain officiel, définissait encore le tango comme un « reptile de lupanar »[2]. Or, malgré ses attaques, le phénomène artistique maintient son essor. Une fois encore, après un premier mouvement de rejet le tango a été adapté et intégré à la culture élitiste.

L’inventaire...
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