Maurice barrès

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MAURICE BARRES

Maurice Barrès est un écrivain et homme politique français, figure de proue du nationalisme. Né en 1863 et mort en 1923, il est à cheval entre un XIXème finissant et les nouvelles problématiques du XXème. Il est le contraire d’un Maurras, refusant l’évolution historique, nostalgique d’un temps révolu, et surtout, phantasmé, mais, comme lui, il s’oppose à son mondecontemporain. Le nationalisme de Barrès est un nationalisme de refus, refus de la décadence de la société industrielle et des valeurs bourgeoises, révolte contre la démocratie libérale et les excès du capitalisme. Comme Maurras, le jeune Barrès est très différent du Barrès de la maturité. Ouvert, tenant d’un internationalisme intellectuel, européen, il devient le chantre d’un nationalisme fermé, exclusif,violent et xénophobe. On se demandera donc ici comment le jeune écrivain des années 1880, dilettante et anarchisant, est devenu, en l’espace de quelques années, l’un des grands interprètes de la pensée traditionaliste française, le doctrinaire et le poète du culte de la Terre et des Morts. Et, plus largement, comment s’est opéré, dans le climat intellectuel de la fin du XIXème, le passage du principed’exaltation de la personne à l’idée de la subordination de l’individu à la collectivité, de l’affirmation audacieuse du Moi individuel à la soumission totale au Moi national. On peut ainsi distinguer trois Barrès : le Jeune cosmopolite, porte-parole de la jeunesse fin de siècle, le Boulangiste, prologue au Nationaliste qu’il sera après que la tornade dreyfusienne aura obligé tous lesintellectuels à se positionner, à se définir clairement. Nous étudierons donc d’abord le Barrès des premières années dans le contexte européen plus large qui permet de mieux comprendre sa révolte, puis le Barrès du boulangisme, prolongement de cette révolte et transition vers le Barrès nationaliste que nous étudierons pour finir.

Pour bien comprendre la révolte barrésienne, il faut la situer dans leclimat intellectuel européen plus large de la fin du XIXème. En France, en Allemagne, en Russie, en Autriche-Hongrie, en Italie, on retrouve le même malaise, le même élan de remise en cause de l’ensemble des idées et des institutions caractéristiques de la civilisation industrielle, une négation systématique des valeurs héritées du XVIIIème et de la Révolution française. Zeev Sternhell parle d’une« révolution intellectuelle ». Révolution dirigée contre le monde de la matière et de la raison, contre le matérialisme, le positivisme, contre la société bourgeoise et sa médiocrité, contre la démocratie libérale et ses incohérences. Pour la jeunesse européenne, la civilisation est en crise. Ainsi, les nouvelles idéologies se définissent, dans cette seconde partie du XIXème, contre le scientismetriomphant, contre tout système « scientifique ». En Angleterre contre l’utilitarisme, le positivisme en France, le matérialisme en Allemagne. C’est un « second aufklärung » qui naît pendant les trois décennies d’après 1850, mais sans les valeurs libérales, l’utopisme et l’optimisme qui caractérisaient les Lumières. Cette révolte rappelle aussi un autre mouvement contre l’ordre établi : le romantismepost-révolutionnaire, caractérisé par la résurgence des valeurs irrationnelles, le culte du sentiment et de l’instinct, et, plus largement, la substitution d’une explication « mécanique » du monde à une explication « organique ».

Deux découvertes majeures expliquent ce retour à un certain romantisme : la biologie darwinienne, et la psychologie moderne. La première passe du biologique aupolitique et devient un point essentiel de la pensée politique de la fin du XIXème. En identifiant vie sociale et vie physique, le darwinisme désacralise la personne humaine : le monde appartient au plus fort, au plus apte à survivre. La seconde, en mettant à jour les motivations irrationnelles du comportement humain, s’oppose au primat de la raison du XVIIIème et de la première moitié du XIXème....
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