Conservar vida

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Conserver vivant,
savoirs et pratiques locales :
une gageure ?
Philippe Marchenay
En jetant un regard sur les actions liées à la conservation des
ressources animales, végétales ou microbiennes, le lien avec les
savoir-faire locaux se révèle parfois distendu, voire inexistant.
Certes, une variété, une race ou une souche microbienne locale
constitue un capital biologique et culturel,l’aboutissement d’une
accumulation de savoirs, de pratiques, d’ajustements, de représentations.
De ce point de vue, la relation entre le biologique et le culturel
est implicitement contenue dans ce qui fait la spécificité de la
ressource. Mais quelle est la réalité de ce lien aujourd’hui, et
comment le mettre en évidence dans les nombreuses possibilités de
conserver et de gérer ce vivantmultiforme ? Les savoirs et pratiques
localisés sont-ils condamnés à être simplement recensés pour en
garder une trace dans la mémoire collective, ou bien existe-t-il des
perspectives pour qu’ils puissent être réellement activés, participant
ainsi au maintien de la ressource ? Que représentent-ils réellement
? Qu’en est-il de leur statut, de leur destination ?
La terminologie employée pour désignerdes végétaux ou des
animaux domestiques « localisés » recouvre des réalités parfois
floues, y compris pour les utilisateurs eux-mêmes. Ainsi, par
exemple, la distinction entre les notions « local » et « ancien »
peut être subtile, surtout lorsqu’il s’agit d’espèces fruitières ou
légumières. La tendance est de les rapprocher, parfois de les
fondre en une seule catégorie. Pourtant, si ce quiest local est
généralement ancien car porteur d’une épaisseur historique, ce
qui est ancien n’est pas forcément local. Certaines variétés locales
– appelées quelquefois « paysannes » – ont pu connaître une
diffusion nationale, voire internationale. Il en va de même pour
des obtentions horticoles* (fruits, légumes, fleurs), inventées en
un lieu, mais qui ont ensuite été plus ou moinslargement diffusées.
Car les plantes cultivées ont toujours beaucoup voyagé et les
savoirs les ont suivies, ont été adaptés, modifiés. De ce fait, zone
Ethnobiologiste
au Centre national
de la recherche
scientifique (CNRS),
Philippe Marchenay
est coresponsable
de l’équipe Ressources
des terroirs - Cultures,
usages, sociétés,
au sein de l’UMR
Éco-anthropologie
et ethnobiologie.
Sesrecherches portent
sur la dimension
ethnologique des
productions agricoles
et alimentaires locales.
Conserver vivant,
savoirs et pratiques locales :
une gageure ?
Philippe Marchenay
© Cirad, Iddri, IFB, Inra, 2005
Commande : www.quae.com
TIRÉ À PART
Biodiversité
et savoirs naturalistes locaux en france
Laurence Bérard, Marie Cegarra, Marcel Djama, Sélim Louafi,
Philippe Marchenay, BernardRoussel, François Verdeaux (dir.)
Conserver vivant, savoirs et pratiques locales :
une gageure ?
Philippe Marchenay
TIRÉ À PART
Biodiversité et savoirs naturalistes
locaux en France
de répartition géographique et dimension culturelle se sont
souvent mêlées de façon inextricable, le lieu suffisant parfois à
donner une « localité » aux plantes ou aux animaux qui s’y étaient
implantés.Enfin, des variétés considérées comme « modernes »
peuvent être anciennes : les pommes golden, granny-smith ou
reine des reinettes, pour ne citer qu’elles, sont plus que centenaires
et leur aire de diffusion est immense. Dans ces conditions,
comment établir le caractère local de la pomme golden du
Limousin, devenue depuis peu une appellation d’origine contrôlée,
et des pratiques liées à saculture ? Le qualificatif « traditionnel
», tout aussi imprécis, s’emploie pour désigner des cultivars*
locaux, mais aussi des obtentions horticoles, créées pour la majorité
pendant la seconde moitié du XIXe siècle ou au début du
XXe siècle. Le vocable fruits ou légumes « oubliés » introduit une
catégorie englobante, qui dépasse l’ambiguïté des statuts « local »
ou « ancien », avec l’idée...
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