Introduccion a la pragmatica

Solo disponible en BuenasTareas
  • Páginas : 12 (2958 palabras )
  • Descarga(s) : 0
  • Publicado : 11 de septiembre de 2012
Leer documento completo
Vista previa del texto
01/04/2011
Le Japon nucléaire ou l’hubris puni
Gavan McCormack
Mars 2011 devrait marquer dans l’histoire japonaise une rupture comparable à celle d’août 1945, signant la mort d’un modèle particulier d’organisation de l’Etat et de l’économie, En août 1945, les champignons atomiques qui avaient éclaté dans le ciel de Hiroshima et de Nagasaki avaient sonné le glas de la guerre dans laquelle lesjeunes officiers de l’armée du Kwantung avaient entraîné le Japon quinze ans auparavant. De la même manière, la crainte d’une nouvelle apocalypse nucléaire née du chaos engendré par le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011 devrait marquer une rupture avec les choix opérés année après année par l’oligarchie aux affaires depuis l’immédiat après-guerre et dont l’Etat nucléaire estl’œuvre.
A la différence du désastre de 1945, aux causes purement humaines, celui de 2011 a pour origine des phénomènes naturels mais largement aggravés par les décisions des hommes. Les deux catastrophes ont néanmoins ceci en commun qu’elles auront ébranlé le monde.
Durant plusieurs décennies, le « syndrome de Hiroshima », autrement dit : la peur et la répulsion du peuple japonais à l’égard de tout cequi a trait au nucléaire, avait conduit les autorités nippones à entourer de la plus grande discrétion leur coopération militaire dans le cadre de la stratégie de dissuasion nucléaire des États-Unis. A telle enseigne que les « traités secrets » (mitsuyoku) entérinant cet engagement, et plus particulièrement les accords conclus dans les années 1960 et 1970, n’ont été rendus publics qu’il y a deuxans seulement, lors du changement de pouvoir (1). C’est également dans l’opacité la plus totale, et sans jamais être soumise à la sanction des urnes, qu’a été prise la décision de poursuivre une politique énergétique nationale principalement axée sur le nucléaire. La catastrophe de Fukushima fait éclater au grand jour les manipulations de tous ordres rendues nécessaires par la mise en œuvre d’un telprogramme : campagnes publicitaires répétées, dissimulation, mensonge, en particulier en cas d’incident, ou encore désinformation quant aux risques encourus et au niveau de sécurité des systèmes de protection entourant les installations.
Alors qu’aucune voie de sortie de la crise actuelle ne semble se dessiner, il apparaît d’ores et déjà que la démocratie japonaise devra repenser le cadre qui apermis à ses dirigeants d’écraser toute opposition pour conduire le pays au point de rupture où il se trouve. Au-delà de la hantise d’une fusion nucléaire et de ses conséquences sur la santé humaine et l’environnement, ou encore des problèmes causés par les coupures d’électricité, il s’agit bien d’une crise de la gouvernance et de la démocratie. Le temps semble venu pour les citoyens de se frayerun chemin pour reprendre le contrôle de monopoles aux mains d’une classe dirigeante composée de hauts fonctionnaires et d’acteurs politiques ou économiques dont le bilan s’avère calamiteux, pour inventer un mode de gestion des affaires publiques durable et responsable. La recherche de nouvelles formes de production d’énergie et de développement socio-économique – et à terme d’un nouveau modèle –émerge comme l’enjeu majeur que devra demain relever la société japonaise.
Qu’un pays martyr du nucléaire ait embrassé avec une ferveur frôlant parfois l’obsession cette source d’énergie constitue un réel paradoxe. Jouissant d’une position privilégiée et protégée dans l’orbite des Etats-Unis, le Japon est devenu au cours des cinquante dernières années un Etat très fortement nucléarisé et unesuperpuissance du plutonium. Il est le seul pays non nucléaire militairement à être engagé dans le développement d’usines d’enrichissement et de retraitement d’uranium, ainsi que dans le projet du surgénérateur. Ses dirigeants ont fait le choix de considérer le plus dangereux minerai connu de l’humanité comme une solution magique pour assurer la sécurité énergétique du pays. Et, pendant que la...
tracking img