La aurora

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Modern Languages and Literatures, Department of

French Language and Literature Papers
University of Nebraska - Lincoln Year 

Les Abbesses et la Parole au dix-septi`me e si`cle: les discours monastiques ` la e a lumi`re des interdictions pauliniennes e
Thomas M. Carr Jr.
University of Nebraska - Lincoln, tcarr1@unl.edu

This paper is posted at DigitalCommons@University of Nebraska -Lincoln. http://digitalcommons.unl.edu/modlangfrench/10

Published in Rhetorica: A Journal of the History of Rhetoric 21:1 (Winter 2003), pp. 1–23. Copyright © The International Society for the History of Rhetoric. Published by the University of California Press. Used by permission.

Thomas M. Carr, Jr. Les Abbesses et la Parole au dix-septième siècle: les discours monastiques à la lumièredes interdictions pauliniennes
Abstract: One tends to take for granted that in women’s monasteries the only voices raised were those of its masculine directors and preachers. However, while sermons by priests were generally reserved for Sundays and feast days, the abbesses addressed their communities several times a week or even daily. Although the Pauline prohibitions restricted women fromspeaking on religious topics in public or to mixed groups, within the walls of the convent that was assimilated to the private domain of a household, abbesses exhorted, instructed and rebuked their nuns at chapter meetings or during recreation sessions. Many such talks might have been considered a form of preaching if they had been delivered by abbots in a monastery of men. However, because abbesses ofthe era generally lacked rhetorical and theological training, they had to content themselves with the informal registers of sacred oratory.

es monastères féminins de l’Ancien Régime ont produit un foisonnement d’écrits. Si les textes des religieuses françaises ne sont pas encore l’objet de travaux d’ensemble, comme les textes de l’aire hispanophone,1 on commence à rééditer et à analyser leurspoèmes, correspondances, relations autobiographiques et écrits spirituels. Néanmoins, on ignore généralement que certaines religieuses ont souvent prononcé des discours. On a trop tendance à croire que dans les monastères où les moniales étaient vouées au silence, les seules voix qui se faisaient entendre étaient celles des prédicateurs et des directeurs masculins. Cet oubli est d’autant plussurprenant que les femmes
1 Electa Arenal et Stacey Schlau, Untold Sisters. Hispanic Nuns in Their Own Works (Albuquerque: New Mexico University Press,1989); Isabelle Poutrine, Le Voile, la plume, autobiographie, et sainteté féminine dans l’Espagne moderne (Madrid: Casa de Velazquez, 1995).

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avaient très peu d’occasions de prendre la parole avant la Révolution. En fait, tandis que les sermons des prêtres étaient réservés aux dimanches et à certaines grandes fêtes, les abbesses avaient la possibilité de s’adresser à leur communauté plusieurs fois par jour. Les voix d’abbesses furent nombreuses au dix-septième siècle, époque à laquelle tant de maisons furent fondées ouréformées. Signalons simplement quelques exemples de femmes dont les discours furent publiés: commentaires sur la Règle de saint Benoît de Marie de Beauvilliers, réformatrice de Montmartre; extraits des discours de Marguerite d’Arbouze du Val-de-Grâce; conférences et instructions des abbesses Arnauld de Port-Royal; et, bien qu’elle fût supérieure et mais non abbesse, les nombreux exhortations, conférenceset chapitres de Jeanne de Chantai recueillis par les Vis-itandines d’Annecy.2 D’autre part, les biographies et les oraisons funèbres des abbesses de l’époque nous renseignent fréquemment sur leurs discours—même si les textes n’ont pas été conservés. Dans un siècle où l’Eglise interdisait aux femmes le ministère de la Parole, ces discours, même s’ils sont restés cachés dans le cloître, méritent...
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