Moulay hicham

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Le Mag
EN COUVERTURE
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PAR AHMED R. BENCHEMSI,

envoyé spécial à Princeton (New Jersey) et Palo Alto (Californie)
onjour, j’ai rendez-vous avec le Docteur Costin”. La réceptionniste du centre médical de Princeton lève à peine les yeux sur l’homme qui s’adresse à elle, de l’autre côté du comptoir. Elle demande d’une voix mécanique : - Votre nom ? - Hicham Benabdellah - Comment vous dites? - Benabdellah, B-e-n-a-b-d-e-l-l-a-h Vue par des yeux marocains, la scène a quelque chose d’irréel : un prince, petit-fils, neveu et cousin de roi, qui non seulement se présente à un rendez-vous comme n’importe quel quidam, mais a besoin d’épeler son nom pour s’identifier. Sur son passeport, son nom de famille est bien “Alaoui”. Mais par commodité, Moulay Hicham a conservé à Princeton le nomd’usage (référence à son père, Moulay Abdellah) sous lequel il était inscrit à l’université dans les années 1980. Preuve supplémentaire que le prince ne bénéficie pas de traitement de faveur : après avoir consulté son ordinateur, la réceptionniste lui demande de patienter dans la salle d’attente… Quinze minutes plus tard, Moulay Hicham est reçu dans le bureau d’Andrew Costin, son cardiologue traitant.Il confirme que depuis le quintuple pontage coronarien subi par le prince en 2007, ses artères sont “parfaitement revascularisées”. D’après le Dr Costin, Moulay Hicham est un “patient modèle” qui respecte scrupuleusement son régime alimentaire sans cholestérol (pas d’œufs, de fritures, de viandes rouges…) Sportif assidu, il est totalement tiré d’affaire grâce à son “cœur solide”, conclut lecardiologue. Nous voilà rassurés. Retour à la salle d’attente. Parmi d’autres épouses de patients anonymes, Malika Benabdelali attend tranquillement son prince de mari, en lisant un livre sur son iPad. Bras dessus bras dessous, le couple quitte le centre médical en papotant sur le système de santé américain, salué par un hochement de tête poli – guère plus – de la réceptionniste. Comme cette dernière,la majorité des 14 000 habitants de Princeton, New Jersey, ignorent qu’un prince arabe vit parmi eux. D’autant qu’avec ses jeans et ses blousons d’étudiant, on ne peut pas dire qu’il cherche à se faire remarquer. Une vingtaine de mètres derrière lui, pourtant, les observateurs avisés noteront la présence continue d’un homme corpulent en costume sombre qui, malgré sa discrétion, a l’air de ce qu’ilest : un garde du corps, ancien vétéran des marines. Les plus inquisiteurs relèveront que cet homme en costume, parfois, conduit un gros 4x4 Land Rover noir qui suit lentement l’homme en jeans quand il marche sur le trottoir avec son épouse, où qu’il offre une glace à ses filles chez Bent Spoon, sur Palmer Square. Le gérant du Café Chez Alice, un Jordanien nommé Imad, connaît, lui, l’identité del’illustre client qui vient lire la presse tous les matins en sirotant un
TELQUEL 18 AU 24 DÉCEMBRE 2010

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expresso. Pareil pour Luis, le cuisinier vénézuélien du restaurant Teresa, devenu un ami de la famille depuis qu’il s’est occupé des repas du prince lors de sa convalescence, en 2007. Chez Teresa, Malika et Moulay Hicham déjeunent au comptoir (salade et Coca light pour Madame, plat“spécial régime” et eau plate pour Monsieur), échangent volontiers des amabilités avec les clients… Bref, une famille (presque) ordinaire, bien insérée dans sa communauté.

LA NOUVELLE VIE DE MOULAY HICHAM
REPORTAGE

Entre la côte Est et la côte Ouest des Etats-Unis, tout sur les projets, les ambitions, la vie publique (et privée) du prince marocain et plus célèbre cousin de Mohammed VI.EXCLUSIF

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TELQUEL 18 AU 24 DÉCEMBRE 2010

ARB

Dans le jardin arrière de sa maison de Lafayette Road, à Princeton (New Jersey). Bâtie dans les années 1930, la demeure a été entièrement restaurée, tout en préservant son style “colonial” d’origine – ce qui a valu à Moulay Hicham et à son épouse un prix de la “Historical society of Princeton”.

Ce n’était pas le cas il y a 9 ans quand,...
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