En grece avec chateaubriand

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  • Publicado : 9 de diciembre de 2011
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Le 10 aout 1806, un batiment de commerce mouillait au large de Methoni, extreme port meridional du Peloponnesse,. Le navire avait quitte Trieste au debut du mois et, malgre une nuit d’orage et de navigation a la cape sur l’Adriatique dechainee, puis deux jours de calme plat, la route avait ete extremement rapide. On etait passe le long de Corfou, de Leucade, de Cephalonie, de Zante, des cotesd’Elide et de la baie de Navarin que les passagers avaient pu admirer de loin sans que le commandant, presse de gagner Smyrne avec son chargement, consentit a une escale. A Trieste, le cónsul de France avait pu obtener in extremis l’embarquement de deux de ses compatriotas qui se donnaient pour destination l’Orient, avec un leger bagaje. On a reconnu M. de Chateaubriand et son domestique Julien,qui, l’un et l’autre, vont, a des degres divers, laisser un souvenir de leur periple, M. de Chateaubriand en ecrivant son Itieraire de Paris a Jerusalem, l’autre en tenant le journal nairf et sincere d’un Passepartout qui sert de contrepoint au libre de son maitre.
Si imbu d’hellenisme qu’il soit, Chateaubriand ne sait pas cacher entierement sa deception en debarquant a Methoni, qu’il appelle deson ancien nom: Modon. Certes, la citadelle a de la grandeur et les Turcs qui l’occupent se montrent des plus obligeants, mais ou est la Grece dans tout cela? Notre auteur s’appuie sur Demosthene, Polybe, Pline, Ptolemee, Strabon, Pausanias et l’abbe Barthelemy pour excuser sa premiere impression. Il n’a qu’une hate: quitter Methoni. Aujourd’hui, on ne debarque plus a Methoni. On s’y rend par laroute depuis Pylos-Navarin, une route aride et seche qui conduit a un bourg ni riche ni miserable, tout juste insignificant et oublie aussitot que l’on apercoit la citadelle embellie et fortifiee tour a tour par les Venitiens, les Turcs et les soldats francais du general Maison.
Je n’y suis jamais alle sans penser a l’arrive de Chateaubriand par une chaleur de plomb, sous un ciel bas et lourd.Tout ce qui n’est pas ecrase de lumiere baigne dans une ombre grise et moite. A l’interieur de la citadelle, la desolation des ruines, les bains turcs eventers, une colonne solitaire coiffee d’un chapiteau corinthien sont couverts ou noyes par une extraordinaire floraison sauvage ou volettent des papillons oranges, des millions d’abeilles. Le charnier ou les Chevaliers de Saint-Jean, lesVenitiens de Morosini et les Turcs ont abandonne leurs cadavres est un beau jardín fleuri de pourpre et de violet, embaume par le thym. Mais Chateaubriand n’est pas Barres. Il n’est pas venu en Grece pour courir apres les souvenirs du Moyen Age. Il a soif d’Antiquite.
Le lendemain matin, il quittait Methoni en bon equipage: un guide grec, un janissaire arme, son nouveau domestique Joseph, Milanaismarchand d’etain a Smyrne, qui remplacait Julien reste a bord avec les bagages que l’on retrouverait au cap Sounion ou en Asie Mineure.
Chateaubriand voyagea en partie la nuit, avec des departs a deux heures du matin. Peu avant midi, la caravene s’arretait apres avoir parcouru huit a dix lieues. C’etait sage en ete, dans un pays ou l’on ne rencontre guere que l’ombre chiche des oliviers et desfermes vides, car la population grecque se cachait des l’apparition de cavaliers armes. La route suivie par la caravane ne fut pas la plus courte. Il fallait eviter Kalamata et le defile du Taygete ou le pacha se livrait a une de ces operations de pólice qui ressemblent fort a la chasse a courre. Chateaubriand remonta donc jusqu’a Megalopolis et Tripolis pour redescendre vers Sparte et Mistra, unbel itineraire ou, apres des montagnes arides, on debouche sur la plaine fertile que baigne l’Eurotas.
Il lui restait a decouvrir Sparte. Mais Sparte n’etait plus qu’une ville imaginaire, une villa dont il pouvait se demander s’il ne l’avait pas revee. Il confondit Mistra avec Sparte, harcela de questions des bergers et des passants n’en tirant que des reponses sibyllines qui masquaient une...
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