Soldados de salamina

Solo disponible en BuenasTareas
  • Páginas : 24 (5898 palabras )
  • Descarga(s) : 0
  • Publicado : 5 de marzo de 2011
Leer documento completo
Vista previa del texto
Recherches libres

LES SOLDATS DE SALAMINE De la fabrique de l’histoire à la fabrique de la fiction, une impossible épopée
Héloïse HERMANT Heloise.Hermant@wanadoo.fr

Le roman de Javier Cercas, Les Soldats de Salamine1, constitue un étrange objet. En résumer l’intrigue et dérouler le complexe écheveau du récit n’épuise en rien les interrogations qu’il suscite. Peut-on se contenter d’y voirl’antidestin de Sanchez Mazas, écrivain et idéologue cofondateur de la Phalange ? N’y a-t-il vraiment que l’histoire de cet homme doublement miraculé, qui échappe à la dernière exécution de soldats fascistes organisée au sanctuaire du Collell par les républicains en déroute et qui, découvert peu après par un milicien, est épargné par ce dernier au terme d’un intense échange de regards ? Ce seraitdéjà beaucoup. Mais c’est plus encore. Que répondre à l’énigme que renferme le titre du roman, Les Soldats de Salamine ? Énigme pour le lecteur peu familier d’histoire antique. Mais énigme surtout pour celuilà même qui connaîtrait cet épisode des guerres médiques, et saurait mesurer la symbolique de cette défaite navale perse, en 480 avant JésusChrist : cristallisation de la douleur des vaincus quivoient la gloire de leur patrie s’abîmer dans un désastre irrémédiable, tandis qu’émerge la puissance athénienne. Qui sont les soldats de Salamine de Cercas ? La lecture du roman ne dissipe pas le mystère, qui est aussi celui des fondements d’une guerre fratricide, de toutes les guerres fratricides, même si l’on pressent que l’essentiel se cache dans le silence des regards échangés par un fascistetraqué et un républicain au bord de la défaite. Le paradoxe consiste en ce qu’il n’y a plus ni vaincu ni vainqueur : le clivage simpliste mais efficace des grandes gestes d’antan n’opère plus. Dans ces conditions, l’allusion à la défaite perse n’est-elle qu’une métaphore
— — — — — — — — — — — — — — — —
1. Arles, Actes Sud, 2002.

La recherche dans tous ses éclats

La recherche dans tous seséclats

printemps-été 2004 – Labyrinthe creuse ? Sûrement pas, ne serait-ce qu’en raison du jeu d’échos qui s’instaure entre le titre même du roman et sa structure : une lecture attentive apprend qu’il s’agit du titre du livre que Mazas lui-même projetait d’écrire. Au moment où le lecteur comprend qu’une analyse minutieuse de l’agencement de la diégèse constitue un préalable indispensable àl’élucidation de l’énigme, il est déjà happé par le récit. Divisé en trois actes aux titres poétiques et sibyllins, « Les amis de la forêt », « Les soldats de Salamine » et « Rendez-vous à Stockton », le roman de Cercas entremêle les strates textuelles. L’écrivain commence par exposer la genèse d’un récit, Les Soldats de Salamine, qui constitue lui-même la deuxième partie du roman, et s’organise autour del’épisode de l’exécution manquée de Mazas, de sa confrontation muette avec le soldat républicain qui l’épargne, de sa fuite et de ses conséquences. Mais c’est dans la dernière séquence que le romancier « rencontre » véritablement l’authentique héritier des soldats de Salamine, seul héros digne de ce nom, en la personne de Miralles que tout porte à identifier comme le milicien ayant épargné lepoète phalangiste. C’est pourquoi le récit des « Soldats de Salamine » auquel fait écho le titre du roman dans sa totalité, n’a rien d’un objet fini enchâssé entre une genèse – voire une gestation – et un épilogue. Il ne s’achève qu’au terme de la troisième partie bâtie sur la version républicaine de la scène de l’échange de regards. Et pourtant ce récit reste virtuel. D’abord, parce que Miralles nelève pas le doute qui plane sur son identité. Ensuite, parce que Cercas préfère retranscrire sa rencontre avec le vétéran catalan et leurs échanges à bâtons rompus, sans reconstituer la totalité du puzzle. Le récit « idéal » des Soldats de Salamine apparaît sous une forme inachevée. Mais pouvait-il en être autrement ? En somme, le titre énigmatique du roman de Cercas invite à démêler...
tracking img