Commentaire voyage au bout de la nuit, céline

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  • Publicado : 14 de marzo de 2011
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Céline, Voyage au bout de la nuit, CHAPITRE 2

Sous ce regard d’opprobre, le messager vacillant se remit au « garde-à-vous », les petits doigts sur la couture du pantalon, comme il se doit dans ces cas-là. Il oscillait ainsi, raidi, sur le talus, la transpiration lui coulant le long de la jugulaire, et ses mâchoires tremblaient si fort qu’il en poussait des petits cris avortés, tel un petitchien qui rêve. On ne pouvait démêler s’il voulait nous parler ou bien s’il pleurait.
Nos Allemands accroupis au fin bout de la route venaient justement de changer d’instrument. C’est à la mitrailleuse qu’ils poursuivaient à présent leurs sottises ; ils en craquaient comme de gros paquets d’allumettes et tout autour de nous venaient voler des essams de balles rageuses, pointilleuses comme desguêpes.
L’homme arriva tout de même à sortir de sa bouche quelque chose d’articulé.
« Le maréchal des logis, Barousse vient d’être tué, mon colonel, qu’il dit tout d’un trait.
-Et alors ?
-Il a été tué en allant chercher le fourgon à pain sur la route des Étrapes, mon colonel ! 
-Et alors ?
-Il a été éclaté par un obus !
-Et alors, non de Dieu !
-Et voilà ! Mon colonel…
-C’est tout ?
-Oui,c’est tout mon colonel.
-Et le pain ? » demanda le colonel.
Ce fut la fin de ce dialogue parce que je me souviens bien qu’il a eu le temps de dire tout juste : « Et le pain ? ». Et puis ce fut tout. Après ça, rien que du feu et puis du bruit avec. Mais alors un de ces bruits comme on ne croirait jamais qu’il en existe. On en a eu tellement plein les yeux, les oreilles, le nez, la bouche, tout desuite, du bruit, que je croyais bien que c’était fini, que j’étais devenu du feu et du bruit moi-même.
Et puis non, le feu est parti, le bruit est resté longtemps dans ma tête, et puis les bras et les jambes qui tremblaient comme si quelqu’un vous les secouait de par-derrière. Ils avaient l’air de me quitter et puis ils me sont restés quand même mes membres. Dans la fumée qui piqua les yeux encorependant longtemps, l’odeur pointue de la poudre et du soufre nous rester comme pour tuer les punaises et les puces de la terre entière.
Tout de suite après ça, j’i pensé au maréchal des logis Barousse qui veniat d’éclater comme l’autre nous l’avait appris. C’était une bonne nouvelle. Tant mieux ! que je pensais tout de suite ainsi : « C’est une bien grande charogne en moins dans le régiment ! » Ilavait voulu m faire passer au Conseil pour une boîte de conserve. « Chacun sa guerre ! » que je me dis. De ce côté là, faut en convenir, de temps en temps, elle avait l’air de servir à quelque chose la guerre ! J’en connaissais bien encore trois ou quatre dans le régiment, de sacrés ordures que j’aurais aidé bien volontiers à trouver un obus comme Barousse.
Quant au colonel, lui je ne lui voulaispas de mal. Lui pourtant aussi il était mort.

Situation : Bardamu, engagé sous un coup de tête, est plongé précipitamment dans la guerre. Il se retrouve seul avec son colonel en rase campagne vis-à-vis de deux allemands qui tirent de loin sur eux. Dès le début du chapitre, Bardamu exprime l’absurdité de a guerre. Il avait l’impression de connaître les Allemands vu qu’il était allé en Allemagneétant plus jeune. L’absurdité lui parait telle que cela le pousse à partir. Dans cet extrait, nous voyons la pensée de Bardamu se déroulait devant ces événements et la réaction de ceux qui l’entourent, le colonel et les Allemands.

Commentaire composé : Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline (1932), ch.2

En 1932, Louis-Ferdinand Céline, de son vrai nom Louis-FerdinandDestouches, publie son premier roman en 1932, Voyage au bout de la nuit, qui fait scandale par son amertume et la violence des propos de l’auteur. Ce Roman autobiographique romancé, commence donc avec l’engagement volontaire du narrateur, Ferdinand Bardamu, reflet de l’auteur à travers le récit, dans l’armée française. Ainsi l’auteur-narrateur raconte dans le roman sa vie et la misère du monde...
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