Cronique

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Coup de pied dans le ciel

par Françoise Gründ, Ethnoscénologue
27.06.10

L'Équipe de France vient de perdre. Les champions des champions s'inclinent devant les joueurs d'Afrique du Sud, presque inconnus jusque ces mois de printemps 2010. Le public des stades et tout le peuple de France, les sportifs de bars, comme les politiques lui tombent dessus à bras raccourcis,avec une violence accrue par l'amertume : "Allez-vous rhabiller, falsificateurs, escrocs, tricheurs, cœurs de poulets...vaincus !". Sans discontinuer, ils vomissent l'injure, équivalente de la condamnation.
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Théâtre, école, patrie Quelques analogiesautour des bleus

[pic]Brusquement, le droit à l'existence valorisante par l'image médiatique se trouve refusé à ces jeunes gens frustes. Leur salaire élevé et leurs manières de nouveaux riches provoquent des reproches déchainés.
Eux-mêmes, avec des mots d'enfants, disent leur contrariété et avouent leur "honte", pour ne pas avoir rempli le contrat de l'enthousiasme des foules. Pas une voix nes'élève pour leur assurer, qu'au contraire, ils devraient sourire et relever la tête, car ils ne cessent pas de se comporter comme des représentants du destin, avec des règles fixées depuis l'Antiquité. Défaits, ils restent plus que jamais des héros.
Le récent jeu de football, la balle au pied, les lancers de balle des Mayas, la sioule, ne constituent que des jeux, qui exigent des vainqueurs etdes vaincus, comme tous les jeux du monde.
Cependant, le défi ne cesse de se compliquer, car les causes d'origine font l'objet d'oubli. Entre les futurs vainqueurs et les futurs vaincus, dont les corps ne s'affrontent jamais directement, qui ne se touchent pas, roule le ballon, qui représente bien autre chose qu'un jouet ou un outil sportif.
Objet transitionnel, la balle, le ballon, sans aspérité,sans commencement ni fin, représente le hasard. Et les hommes s'affrontent pour des raisons quasi rituelles, dont les formulations oubliées, démeurent pourtant liées au futur d'une société. Jouant le même rôle que les dès, lancés sur une table ou que le taureau affrontant le matador dans l'arène, le ballon, roulant dans l'espace du stade, va éclairer la conduite de ceux qui s'affrontent, comme deceux qui, de près ou de loin, contemplent la lutte.
La beauté ou la valeur de ces défis provient, non pas de la technique et de la force des ritualistes, des artisans de l'inconnu ou des joueurs, mais de l'ignorance absolue de l'issue du défi. Ainsi, préparer les sportifs, leur faire subir un entraînement extrême, choyer leur corps, relève à la fois d'une vanité humaine et d'une méconnaissancedes détours de l'aléatoire.
Pourtant, ceux qui affrontent le sort, doivent se montrer sous des apparences de puissance et d'habileté. Les héros des stades grecs, les Mayas, les Hispaniques ne se méprennent pas. Le hasard finit toujours par dominer le terrain. Et la préparation des protagonistes ressemble à ces incantations, formulées dans le vide de l'attente, juste pour donner un champ d'action àce qui reste démesuré.
Les sociétés occidentales qui pratiquent le football ne devraient pas négliger les enseignements du passé, malgré la rapidité des bouleversements contemporains. Nier l'émergence du hasard, revient à afficher une volonté de calcul de l'absolu, de la rigidité du comportement. C'est aussi refuser la marge, le détour, l'imprévu, le soubresaut, l'anomie, si fertiles pourl'imaginaire, si nécessaires à la vie humaine.

Quelques analogies autour des bleus

par Mezence
27.06.10

Pendant cette coupe du monde, j'ai porté comme tout un chacun, dans mes cercles privés, des jugements quotidiens sommaires sur tel ou tel aspect de la "vie" des bleus ; ces conversations ont été perdues pour tous, noyées dans la masse et frappées d'insignifiance. Pourtant, j'ai peur...
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